
L’ancien diplomate américain et ex-envoyé personnel de l’ONU pour le Sahara occidental, Christopher Ross, s’interroge dans un article sur la portée des récents développements diplomatiques dans ce dossier: constituent-ils une avancée vers un règlement du conflit, ou bien une simple reconduction de l’impasse qui l’accompagne depuis des décennies ?
Ross revient sur les origines du conflit, né après le retrait de l’Espagne du territoire en 1975, soulignant que le Sahara occidental est depuis lors au cœur d’un différend régional et international complexe. Depuis le cessez-le-feu de 1991, les Nations unies ont tenté de faire avancer une solution à travers l’organisation d’un référendum d’autodétermination, mais les divergences sur ses modalités et sur le corps électoral ont longtemps bloqué ce processus.
Dans cet article, l’ancien médiateur onusien estime que les dernières résolutions du Conseil de sécurité ont relancé le débat sur l’avenir du processus politique, notamment avec le rôle croissant des États-Unis dans l’élaboration de l’approche diplomatique du dossier. Il relève également que la reconnaissance par Washington, en 2020, de la souveraineté marocaine sur le Sahara a contribué à modifier les équilibres au sein des instances internationales.
Christopher Ross souligne que les positions des principales parties demeurent profondément divergentes. Le Maroc continue de défendre son initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine comme solution définitive, tandis que le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, reste attaché à l’option du référendum et à l’autodétermination.
S’agissant de la Mauritanie, Ross rappelle qu’elle fut un acteur direct du conflit à ses débuts, avant de se retirer de la partie sud du Sahara occidental en 1979 et d’adopter ensuite une position de neutralité. Depuis lors, Nouakchott s’efforce de préserver une ligne d’équilibre entre les différentes parties, en mettant l’accent sur la stabilité de ses frontières et sur la nécessité d’éviter toute implication dans les tensions régionales liées au conflit.
Le diplomate souligne par ailleurs que la Mauritanie, en raison de sa position géographique et de ses relations avec les différents protagonistes, demeure un acteur important dans toute future dynamique de négociation, aussi bien du point de vue de la sécurité frontalière que de l’impact du conflit sur la stabilité du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest.
En conclusion, Ross estime que les développements récents peuvent ouvrir une fenêtre limitée pour relancer le processus politique, mais qu’ils risquent aussi de prolonger l’impasse si les parties restent campées sur leurs positions sans concessions réciproques. Selon lui, tout règlement durable du conflit exigera une véritable volonté politique, l’implication des acteurs régionaux et un rôle effectif des Nations unies dans la conduite du processus politique.



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