L'État multinational est synonyme de désintégration nationale.

À présent que les masques sont tombés, il n'y a plus aucun doute sur les vraies raisons de l'acharnement des ethnicistes poulo-toucouleurs contre la Mauritanie depuis ses débuts en tant qu'État indépendant jusqu'à ce jour. 
Et ce n'était rien de ce que leur propagande obstinée véhiculait à l'intérieur, dans la sous-région et à l'international. Disons-le clairement, les Poulo-Toucouleurs mauritaniens n'ont jamais été marginalisés ni maltraités, et aucun racisme d'État n'a été exercé contre eux en raison de leur appartenance ethnique. En outre, aucun État de la sous-région ne peut rivaliser avec l'État mauritanien en ce qui concerne le respect de la diversité nationale et les droits des minorités ethniques.
La colère trouve ses origines ailleurs. C'est l'histoire d'une tentative d'union forcée que les courants ethnicistes n'avaient accepté que contre mauvaise fortune, lorsqu'ils étaient pris dans un projet d'État qui les défavorisait, estiment-ils.
Il est regrettable que nos pères fondateurs aient sous-estimé l'ampleur de leur hostilité envers un État-nation à prédominance maure. 
Toutefois, leur réaction n'a pas tardé. Peu de temps après l'indépendance, les représentants de la vallée, afin d'échapper à la prépondérance des Maures, ont soumis un projet de Constitution fédérale au président Mokhtar. Face à l'absence de réponse positive, ils ont organisé la révolte dans le milieu scolaire. La langue arabe sera leur principal angle d’attaque. La programmation de deux heures de cette langue à l'école de la République va mettre le feu aux poudres. Des pertes en vies humaines ont été déplorées, mais la guerre civile n'a pas eu lieu.
Encore en 1979, un conflit interethnique a éclaté, toujours en raison de la langue arabe, et a entraîné la mort d'hommes.
Et ce fut le tournant tragique : création des FLAM et distribution du ‘’Manifeste du Négro-Mauritanien opprimé’’. Puis, la tentative désespérée des jeunes officiers pulaars de prendre le pouvoir, et ses conséquences dramatiques, parmi lesquelles le conflit sanglant avec le Sénégal, 'le passif humanitaire' tout aussi sanglant, et la lutte armée engagée par l'aile militaire des FLAM contre les forces armées et de sécurité nationales.
À l'heure actuelle, les nationalistes poulo-toucouleurs ont recours au mouvement 'IRA' comme solution providentielle. Ils comptent sur les communautaristes harratines pour se déclarer non arabes, se constituer en une ethnie à part entière et exiger l'établissement d'un État multinational. 
Peine perdue. Même si ce type d'État conviendrait à tous les courants communautaires, il est indéniablement préjudiciable pour une Mauritanie intégrée, qui était la finalité du projet national initié en 1958 par nos pères fondateurs.
En outre, le Sénégal voisin, où la population poulo-toucouleur est trois fois plus élevée que la population mauritanienne de la même ethnie, n'a pas instauré un État multinational ni officialisé la langue peule.
Faut-il que la Mauritanie soit un cas particulier en raison de la présence d'Arabes et de Noirs africains ?
Dans d'autres pays, ces ethnies coexistent, mais cela n'a pas conduit à l'établissement d'États multinationaux.
Finalement, selon quelle logique les Maures actuels devraient-ils adhérer aux idées ethnicistes et communautaristes des ressortissants de la vallée ?
De peur d'être accusés de racisme et d'être comparés à l'apartheid. 
Quand on ne se soucie que des intérêts de sa race et de son ethnie, comment est-ce qu'on est appelé en langage clair ?

Ely Ould Sneiba
Le 26 juin 2026

جمعة, 26/06/2026 - 18:07