
L’expert mauritanien en énergie Boubakr Ould Maroini a présenté une simulation technique décrivant l’un des mécanismes susceptibles, en théorie, de provoquer un incendie sur un câble moyenne tension et d’entraîner une interruption importante de l’alimentation électrique.
S’appuyant sur le cas d’un réseau de 33 kV, comme celui de Nouakchott, l’expert précise toutefois que cette simulation ne constitue pas une conclusion sur les incidents récents. Il rappelle que seule l’enquête officielle pourra déterminer les causes exactes des incendies enregistrés sur les installations électriques de la capitale.
Selon lui, une chaîne de défaillance pourrait commencer par une surchauffe du câble, favorisée par de fortes températures et une hausse de la consommation électrique, notamment liée à l’utilisation intensive de la climatisation. Cette situation peut être aggravée par un conducteur sous-dimensionné, trop résistif ou par des défauts de raccordement.
La surchauffe peut ensuite provoquer des décharges partielles qui détériorent progressivement l’isolant du câble. Ce phénomène peut conduire à une « arborescence électrique » dans l’isolant XLPE, puis à un court-circuit entre une phase et la terre, suivi d’un arc électrique à très haute température.
Si les dispositifs de protection ne réagissent pas assez rapidement, ou si les matériaux environnants favorisent la propagation du feu, l’incident peut alors évoluer vers un incendie.
Boubakr Ould Maroini souligne également que certaines non-conformités éventuelles peuvent être difficiles à détecter visuellement. Elles peuvent concerner la section réelle du conducteur, la qualité du métal, l’épaisseur ou la qualité de l’isolant, la présence de microcavités ou de contaminants, ainsi que des défauts au niveau des jonctions, des terminaisons ou de la pose.
L’expert appelle, dans ce contexte, à privilégier une véritable analyse des causes profondes, fondée sur les preuves et sur la reconstitution précise de la séquence des événements, afin de distinguer la cause directe des facteurs contributifs et d’éventuelles défaillances systémiques.
Il insiste enfin sur le fait qu’un câble de 33 kV constitue un équipement technique complexe, dont la fiabilité dépend à la fois de la qualité des matériaux, de l’isolation, des accessoires, de la pose et du bon fonctionnement des systèmes de protection.



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