Le FMI ouvre le dossier de la dette des entreprises publiques : que cherche Gahizi à Nouakchott

La mission d’assistance technique conduite à Nouakchott par Francis Gahizi ne se limite pas à une simple opération de mise à jour statistique. Derrière cet intitulé technique se trouve un dossier beaucoup plus sensible : quelle est l’ampleur réelle des engagements de l’État et quels risques les entreprises publiques font-elles peser sur les finances publiques ?

La mission se concentre sur l’actualisation des statistiques de finances publiques et sur l’amélioration de la qualité des données relatives aux entreprises publiques et à leur endettement. L’objectif est de disposer d’une vision plus large que celle offerte par le seul budget de l’État.

Il ne s’agit donc plus seulement de savoir combien l’administration centrale dépense, mais aussi de mesurer les dettes accumulées par les entreprises publiques, les transferts et subventions dont elles bénéficient, ainsi que les engagements que le Trésor pourrait être appelé à assumer en cas de difficultés financières de certaines d’entre elles.

C’est là que réside l’enjeu principal de la mission.

Tant que les dettes et les engagements des entreprises publiques restent partiellement en dehors de la photographie globale des finances publiques, les risques budgétaires demeurent difficiles à mesurer. Leur intégration dans un dispositif statistique plus cohérent permettrait, au contraire, d’évaluer le poids réel du secteur public et d’identifier les entreprises les plus dépendantes du soutien de l’État.

La mission vise également un autre objectif essentiel : fiabiliser les chiffres. L’harmonisation de la collecte, de la vérification et de la consolidation des données doit permettre de passer d’informations dispersées entre plusieurs administrations et établissements publics à une base plus cohérente et plus facilement exploitable.

Pour la Mauritanie, les conséquences peuvent dépasser largement le cadre statistique. Une meilleure connaissance des comptes des entreprises publiques conduira nécessairement à des questions plus sensibles : quelles sociétés constituent une charge croissante pour le budget ? Lesquelles nécessitent une restructuration ? Quel est le coût réel des transferts publics ? Et ces financements sont-ils proportionnels aux résultats et aux services fournis ?

Ce que cherche donc Gahizi à Nouakchott n’est pas seulement à mettre à jour des tableaux comptables. Il s’agit surtout de construire une image plus complète des finances de l’État au-delà du périmètre budgétaire traditionnel.

Une fois cette photographie établie, le débat ne portera plus uniquement sur le niveau de la dette publique. Il devra aussi répondre à une question autrement plus délicate : combien les entreprises publiques coûtent-elles réellement à l’État, et quels risques représentent-elles pour les finances du pays à moyen terme?

ثلاثاء, 08/09/2026 - 09:43