Algérie et Maroc : un conflit froid ouvert sur l'inconnu

Le Centre Oudagoust d'études régionales a récemment publié un nouveau document qui propose une lecture stratégique du conflit maroco-algérien. Cette analyse va au-delà des différends bilatéraux, qu’il s’agisse des questions de frontière ou du Sahara occidental, pour considérer le conflit comme une équation structurelle perpétuant un état de division durable, entravant ainsi les chances de stabilité en Afrique du Nord.

Le document souligne que la rupture diplomatique intervenue depuis 2021 a donné lieu à un modèle de "hostilité instituée", renouvelé par divers axes : rupture des relations, fermeture de l’espace aérien, cessation des échanges de gaz et interdiction des échanges commerciaux. Ce climat de tension se déplace également vers des sphères symboliques et sportives.

Sur le plan géopolitique, le document met en évidence comment la question du Sahara occidental se définit comme le reflet d’un conflit plus large portant sur la légitimité régionale et l’influence continentale. Le Maroc s’efforce de renforcer sa proposition d’autonomie, soutenue par d’importantes puissances européennes, tandis que l’Algérie mise sur le discours de la "décolonisation", soutenue par son poids énergétique et diplomatique.

De plus, la rivalité entre les deux nations s’étend à l’espace du Sahel et de l’Afrique subsaharienne, où elles s’affrontent à travers des projets d’infrastructure, des initiatives atlantiques et des alliances sécuritaires et économiques.

Le document analyse également les risques potentiels liés à la continuité de ce conflit, qu’il s’agisse d’une escalade sur le terrain due à des incidents imprévus ou à des frappes de drones, ou de décisions économiques unilatérales qui augmentent les coûts de transport et d'énergie, perturbant ainsi les chaînes d'approvisionnement. Ces situations ont un impact négatif sur les conditions sociales et nourrissent des discours populistes radicaux.

 

Il est précisé que les perspectives de détente, lorsque présentes, qu’elles résultent de pressions internationales ou d’échéances sportives, restent limitées et temporaires, ne traitant pas le conflit de manière radicale.

 

En conclusion, le conflit maroco-algérien n'est plus uniquement une affaire bilatérale, mais constitue un frein à la stabilité régionale dans son ensemble, devenant une monnaie d'échange dans une bataille symbolique et géopolitique ouverte sur l’inconnu. 

Sans une initiative rationnelle qui dépasse le cadre des considérations à somme nulle et redéfinit les intérêts communs. Sans cela, la région restera piégée dans un cercle de vains échanges, réduisant ainsi sa capacité à faire face aux grands défis collectifs tels que le terrorisme, la migration et les transformations énergétiques.

أربعاء, 20/08/2025 - 20:44