Enfin, après le rejet, est venue la bonne réception

En démocratie, où la liberté d'expression est fondamentale, chaque individu a le droit d'exprimer ses idées et ses opinions, non pas pour être apprécié ou faire plaisir, mais pour participer au débat dans le but d'éclairer et de faire évoluer les choses dans la direction qui lui semble la plus appropriée pour assurer le bon fonctionnement de sa société. C'est ce que j'ai accompli depuis un bon moment. 
Heureusement, après que mes écrits sur notre cohésion nationale ont été rejetés par les ethnicistes et les communautaristes, les lignes ont commencé à bouger.
Ainsi, les initiateurs de la charte des droits des harratines ont accepté de passer à une approche citoyenne, ce qui contraste avec le communautarisme ghettoïsant en cours depuis quelques années. En plus, certains ethnicistes pulaars ont tout simplement changé leur fusil d’épaule pour dénoncer le communautarisme et les replis identitaires. Un d'entre eux a même surenchéri en affirmant que le communautarisme identitaire aboutit inévitablement au chaos et au fascisme.
Je suis entièrement d'accord, j'ai déjà exprimé la même chose plusieurs fois au fil des années tout en regrettant la poussée communautariste :
‘’Plutôt que de se conformer au modèle républicain traditionnel, les Mauritaniens du Fouta ont manifesté leur préférence pour un autre type d'État, axé sur l'ethnicité plutôt que sur la citoyenneté. Et au fur et à mesure que le nouveau-né grandissait, le communautarisme racial se renforçait au sein de la République, compromettant les chances de voir émerger une nation intégrée’’.
Afin d'étayer mon argument, j'ai fait référence à George Sarre, un homme politique français, qui avait déjà mis en garde contre le communautarisme. 
 Le communautarisme, disait-il : ‘’réduit l'individu à son identité ethnique ou religieuse. C'est le contraire de la citoyenneté républicaine. La citoyenneté ouvre sur l'universel, le communautarisme enferme. La citoyenneté intègre et rassemble dans un projet collectif. Le communautarisme divise, oppose, attise les conflits, mène au racisme et à l'exclusion".
Dans la même veine, j'ai toujours répété, sans jamais m'en lasser, qu'il n'y a de communauté que la communauté nationale, en évoquant l'ancien président français, François Hollande, pour qui "la République ne connaît pas de races ni de couleurs de peau. Elle ne reconnaît pas de communautés. Elle ne connaît que des citoyens, libres et égaux en droit. Et ce n'est pas négociable"
Le peuple mauritanien devait-il négocier ces principes ?
Sans doute, les communautaristes poulo-toucouleurs, et avec eux les nouveaux communautaristes harratines, ont massivement l'intention d'abandonner la République pour atteindre leurs objectifs égocentriques. Mais cela reviendrait à jeter le bébé avec l'eau du bain, c'est-à-dire à échouer dans notre quête d'une république démocratique et sociale.

Ely Ould Sneiba
Le 20 mai 2026

أربعاء, 20/05/2026 - 12:29