Le FMI appelle à renforcer la supervision des banques privées en Mauritanie

Dans son rapport publié le 29 juin 2026 sur le nouveau programme économique et financier conclu avec la Mauritanie, le Fonds monétaire international estime que la résilience du secteur bancaire mauritanien doit encore être consolidée, notamment à travers une supervision plus rigoureuse, une application stricte des règles prudentielles et un meilleur suivi des établissements présentant des fragilités en matière de capital, de liquidité ou de créances en souffrance.

Le FMI ne cite aucune banque nommément, mais il insiste sur la nécessité pour la Banque centrale de Mauritanie de renforcer son contrôle sur les établissements bancaires, en particulier ceux qui ne respecteraient pas pleinement les plans de redressement ou les exigences réglementaires. L’objectif affiché est de préserver la stabilité du système financier et de limiter les risques susceptibles d’affecter le financement de l’économie.

Le rapport souligne que les créances en souffrance demeurent un sujet de préoccupation pour le secteur bancaire. Le FMI encourage, à cet égard, la modernisation du cadre de traitement de ces créances, notamment par une meilleure classification des prêts, un provisionnement plus rigoureux et l’adoption progressive des normes internationales d’information financière, en particulier la norme IFRS 9.

Le Fonds met également l’accent sur le renforcement de la supervision fondée sur les risques. Cette approche doit permettre à la Banque centrale de mieux identifier les vulnérabilités des banques, de surveiller les établissements d’importance systémique et d’améliorer les outils de suivi de la liquidité, des risques de concentration et de la qualité des portefeuilles de crédit.

Parmi les mesures importantes évoquées dans le rapport figure aussi la décision des autorités de relever progressivement les exigences en matière de capital bancaire. Le FMI indique que le doublement du capital réglementaire minimum des banques d’ici fin 2027 devrait contribuer à renforcer la solidité financière du secteur et sa capacité à absorber d’éventuels chocs.

Le document aborde également la supervision de la finance islamique. Il mentionne la préparation d’un cadre réglementaire spécifique destiné à encadrer la gouvernance, la gestion des risques et les exigences de capital propres aux institutions offrant des produits financiers islamiques.

Un autre volet concerne les risques liés aux technologies de l’information et à la cybersécurité. Le FMI relève que la Banque centrale a commencé à intégrer ces risques dans son dispositif de supervision, avec l’objectif de mieux protéger les institutions financières contre les vulnérabilités numériques et les incidents opérationnels.

Selon le Fonds, ces réformes sont essentielles pour faire du secteur bancaire un levier plus efficace du financement de l’économie, notamment au profit du secteur privé et des petites et moyennes entreprises. Toutefois, le rapport laisse clairement entendre que cette ambition suppose une supervision plus ferme, une meilleure gouvernance bancaire, une gestion plus transparente des risques et une résolution plus efficace des fragilités existantes.

En résumé, le message du FMI est prudent mais explicite : le secteur bancaire mauritanien a engagé des réformes importantes, mais il reste confronté à des défis structurels qui exigent un contrôle renforcé, une capitalisation plus solide et une gestion plus rigoureuse des risques.

ثلاثاء, 07/07/2026 - 15:14