
Le Centre Awdagust d’études régionales a publié une nouvelle note d’analyse intitulée «Mauritanie–Russie : des tensions frontalières au partenariat d’intérêts », consacrée à l’évolution rapide des relations entre Nouakchott et Moscou au cours des derniers mois.
L’étude examine le changement intervenu dans les rapports entre les deux pays dans un contexte régional marqué par le renforcement de la présence russe au Mali, l’apaisement des tensions le long de la frontière mauritano-malienne, ainsi que l’intensification des échanges politiques et économiques entre la Mauritanie et la Russie.
Selon la note, les relations bilatérales sont passées d’un cadre limité, où la Russie était principalement prise en compte à travers les préoccupations sécuritaires de la Mauritanie liées à la situation malienne, à une coopération directe couvrant désormais les secteurs de l’énergie, de l’investissement, des mines, de l’exploration géologique ainsi que de la coopération juridique et institutionnelle. Le document met également en lumière la portée des récentes visites officielles, des échanges diplomatiques et du protocole d’accord économique signé entre les deux États, en soulignant leurs implications potentielles dans la recomposition des équilibres stratégiques en Afrique de l’Ouest.
La publication analyse les motivations de l’ouverture mauritanienne envers Moscou, estimant que Nouakchott cherche à élargir sa marge de manœuvre diplomatique en dialoguant directement avec une puissance devenue influente dans son environnement régional, tout en préservant ses partenariats avec les pays occidentaux, les États du Golfe et la Chine. En parallèle, elle considère que la Mauritanie offre à la Russie l’opportunité de développer une présence différente dans le Sahel, fondée sur l’investissement, l’énergie, les ressources minières, la pêche et la coopération institutionnelle, au sein d’un État relativement stable et ouvert sur l’océan Atlantique.
La note consacre également un chapitre au gisement gazier de Bir Allah, dont les ressources figurent parmi les plus importantes encore non exploitées d’Afrique de l’Ouest. Elle le présente comme un test majeur de la crédibilité du rapprochement entre les deux pays, tout en soulignant que l’intérêt manifesté par la Russie pour le secteur énergétique mauritanien ne s’est pas encore traduit par une offre ferme de développement du champ. Selon l’analyse, le passage à un véritable partenariat dépendra de la capacité des entreprises russes à proposer des financements, des technologies et une expertise compétitifs et opérationnels.
En conclusion, le Centre Awdagust estime que les relations mauritano-russes sont entrées dans une nouvelle phase, sans avoir encore atteint le stade d’un partenariat stratégique pleinement consolidé. La profondeur de cette évolution dépendra, selon la note, de la capacité des deux parties à transformer le dynamisme diplomatique actuel en investissements et projets concrets, ainsi que de l’aptitude de la Mauritanie à inscrire cette ouverture dans une politique d’équilibre préservant la diversité de ses partenariats et plaçant l’intérêt national et l’efficacité économique au cœur de ses choix.



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