Surtout pas la guerre

Depuis la mise en train du coup d'État au Mali, des groupes terroristes s'activent dans ce pays, posant avec acuité la question de la sécurité à nos frontières avec celui-ci. Ces bandes louent leurs services à des puissances étrangères qui cherchent à faire retourner le Mali dans leur giron, après avoir mis fin à la présence militaire française et ouvert la porte de la coopération avec la Russie et la Chine. Ce changement de cap pousse les puissances coloniales à redoubler d'effort, à travers ces groupes terroristes qui mènent une guerre par procuration.

L'exemple de la Syrie nous montre qu'il existe bien un parcours entre l'extrémisme, le terrorisme violent et les palais présidentiels. Un constat valable au Mali et partout ailleurs. L'extrémisme partisan sert bien les intérêts des grands. Et, si de temps en temps, on entend parler d’incursions de l'armée malienne en territoire mauritanien – et parfois même de morts, hélas –, il n'existe aucune version officielle confirmant de tels raids. Cela dit, tout est possible, puisqu’il existe des villages mauritaniens en territoire malien, et cette situation permet aux terroristes de s’en prendre à nos concitoyens, afin d’engager la Mauritanie dans une guerre contre son voisin. Une hypothèse à totalement écarter, en dépit du relatif rapprochement de l'OTAN avec notre vieux continent, cherchant un nouveau souffle, suite à l’érosion de ses relations dans notre zone, dans le cadre du « Sud global ». Mais toute coopération sécuritaire ou militaire avec cet ensemble n'est qu'un leurre et ne sert que les intérêts de celui-ci.

Ceci dit, la Mauritanie doit s’appliquer à renforcer son front intérieur, tout en développant des liens de bon voisinage avec tous ses voisins. En ce qui concerne ses frontières avec le Mali, il y a lieu, pour une question de sécurité présente et future, de déménager, sur notre propre territoire national, les villages mauritaniens actuellement inclus dans le territoire malien. Et de procéder à un tracé précis de frontières, concerté avec les autorités maliennes. Sans tarder. Car certains de nos compatriotes aiguisent les tensions entre nos deux pays, sans en mesurer les conséquences. Or il s’agit de bien gérer la paix, car gérer la guerre, c'est autrement plus difficile. Tant que nos peuples ont à mener la guerre contre la précarité, la misère et les injustices, encore invincibles, pas question d'ouvrir un nouveau front beaucoup plus dangereux pour nous tous ! Oui : l'ingérence étrangère et ses conséquences sont désastreuses pour nos pays, l'exemple du Soudan doit servir de leçon aux uns et aux autres et couper court aux conflits et guerres par procuration.

Oui : en cas de conflit, les grands perdants seront bel et bien la Mauritanie et le Mali ; et les gagnants, les puissances étrangères. Nous avons beaucoup mieux à faire, en matière de sécurité.

خميس, 23/04/2026 - 16:09